Je vais faire ça court, promis.
Je m'étais donné 1200 articles pour aller au fond des choses.
Au début, 1200 textes courts, perdus sur un domaine caché, pour me rappeler que je suis un monstre, et ensuite en finir.
C'est pourtant vrai, et plusieurs années plus tard, je n'ai rien osé relire, ou si peu. Un monstre se complaisant dans le dégueulasse, le goût de sa propre morve, les images pornographiques dégradantes.
Un monstre qui se blottit dans le sombre, qui cède la place aux autres, plus beaux, plus prometteurs. Un monstre de honte et de solitude.
Au plus profond de moi, cette voix existe encore. Elle me répète que j'ai pris le mauvais chemin, que quelque part un ectoplasme de ma propre existence s'émerveille encore et échappe au cynisme.
En vieillissant, on perd progressivement son idéalisme, son amour-propre et sa créativité. J'ai l'impression que ces trois concepts sont étroitement reliés, qu'ils disparaissent en fondu.
Il me pèse d'écrire ces mots. Le bruit agressif des touches qui s'enfoncent et se redressent m'épuise. Celui de la barre d'espacement, plus strident, me vrille les tempes.
Je m'excuse de ne pas être cet écrivain génial, qui aurait pu écrire les 1200 textes de cette prometteuse chronique. Je m'excuse, cher ectoplasme, de t'avoir encore cédé l'avance.
Je vais viser ailleurs, avec l'aide de mes proches, si je veux enfin m'y mettre et m'épancher un peu dans l'écriture, le dessin. La tour d'ivoire d'un journal pour soi est trop mince, prétentieuse et lointaine.
***
Valérie est partie, j'en ai fait mon deuil en 2013. J'ai même eu l'occasion de fermer les livres avec elle, ce qui est une chance rare dans l'état où j'étais. Elle m'a accueilli chez elle pendant le temps des fêtes, nous sommes sortis prendre un verre. Ses cheveux me semblaient plus filasses, sa relation avec sa famille tendue, ses gestes pressants. J'ai perçu chez elle le déphasage que je m'impose, me projetant dans un étrange cocktail de sentiments mêlés.
Incertain, j'ai pris ma voiture et j'ai laissé Dolbeau, Valérie et tous les étranges textes de ce recueil derrière. C'était fait.
J'avais rencontré Catherine, qui m'a prodigué un amour franc et direct, m'apprenant que mon cœur n'est pas condamné à se déchiqueter dans des paragraphes haineux.
J'ai ensuite pris la décision d'écrire les articles de la série TDG (Tous des Gamers), en compagnie de quelques collègues, essayant d'être anodin et d'y piqueter quelques miettes de jeunesse.
Ma "question de la semaine" a été bien reçue, des proches et mêmes de parfaits étrangers ont apprécié les articles. J'ai décidé d'inclure ces billets de 2014 dans le décompte, après quoi celui-ci se transformera ailleurs. J'atteindrai peut-être les 1200 articles, mais ils se disperseront ailleurs, et tant pis pour la rigueur tant souhaitée de ce recueil. Finissons-en avec 1120, c'est un beau nombre.
À bientôt, donc, et ailleurs. Merci de m'avoir fait.
23.8.15
26.11.14
1121. TDG: À quel jeu vidéo jouent vos parents?
Cette anecdote débute en Pennsylvanie, au plus fort de l'été.
Figurez-vous un soleil infernal sur un champ de foires américain. Pas un souffle de vent, mais des chapiteaux semblant ondoyer sous la cuisante température.
À des kilomètres à la ronde, des pièces de voiture. Des centaines de milliers de vieux morceaux de métal et de fonte, soigneusement disposés sur des bâches déclinées autour de tentes, dans lesquelles sue un vendeur à casquette au ventre rougi.
Mon père chemine entre celles-ci, silencieux. Tête nue, invincible à la chaleur, il cherche son carburateur manquant.
Je réalise que ce voyage au Carlisle Motor Show se traduit par un Compostelle de la virilité. Partout autour de nous, la langue vernaculaire des capots de voitures s'échange entre vendeurs et acheteurs, interrompue par le vrombissement d'un muscle car superbement restauré. En trame de fond, de la musique country et l'annonce de la prochaine Daisy Duke à parader.
Nous quittons le site complètement frits avec une tonne de vieux métaux, trouvailles qui éventuellement iront se greffer aux projets de restauration de ma famille paternelle.
Avant de regagner l'hôtel, nous célébrons la chasse aux pièces dans un pub typiquement américain, autour d'une bière locale et d'un hamburger à la taille peu raisonnable.
Je me prépare à me coucher, planant encore quelque part dans un road movie des années 70. De la chambre de mon père, une musique enfantine vient par contre briser le moment.
Sur son téléphone mobile, celui-ci, figure de proue à cette journée hommasse et technophobe, est complètement absorbé par le monde rose et sucré de "Candy Crush Saga".
Je ne cherche pas dans cet article à faire la ségrégation de jeunes et vieux gamers. Je suis simplement curieux de savoir quelles franchises de jeux vidéo sont parvenues à amener des baby-boomers qui naguère haussaient les épaules devant Super Mario à se laisser convaincre. J'arrive même à me figurer un LAN Party de personnes âgées avec un peu d'effort.
À quels jeux vidéo jouent vos parents?
Figurez-vous un soleil infernal sur un champ de foires américain. Pas un souffle de vent, mais des chapiteaux semblant ondoyer sous la cuisante température.
À des kilomètres à la ronde, des pièces de voiture. Des centaines de milliers de vieux morceaux de métal et de fonte, soigneusement disposés sur des bâches déclinées autour de tentes, dans lesquelles sue un vendeur à casquette au ventre rougi.
Mon père chemine entre celles-ci, silencieux. Tête nue, invincible à la chaleur, il cherche son carburateur manquant.
Je réalise que ce voyage au Carlisle Motor Show se traduit par un Compostelle de la virilité. Partout autour de nous, la langue vernaculaire des capots de voitures s'échange entre vendeurs et acheteurs, interrompue par le vrombissement d'un muscle car superbement restauré. En trame de fond, de la musique country et l'annonce de la prochaine Daisy Duke à parader.
Nous quittons le site complètement frits avec une tonne de vieux métaux, trouvailles qui éventuellement iront se greffer aux projets de restauration de ma famille paternelle.
Avant de regagner l'hôtel, nous célébrons la chasse aux pièces dans un pub typiquement américain, autour d'une bière locale et d'un hamburger à la taille peu raisonnable.
Je me prépare à me coucher, planant encore quelque part dans un road movie des années 70. De la chambre de mon père, une musique enfantine vient par contre briser le moment.
Sur son téléphone mobile, celui-ci, figure de proue à cette journée hommasse et technophobe, est complètement absorbé par le monde rose et sucré de "Candy Crush Saga".
Je ne cherche pas dans cet article à faire la ségrégation de jeunes et vieux gamers. Je suis simplement curieux de savoir quelles franchises de jeux vidéo sont parvenues à amener des baby-boomers qui naguère haussaient les épaules devant Super Mario à se laisser convaincre. J'arrive même à me figurer un LAN Party de personnes âgées avec un peu d'effort.
À quels jeux vidéo jouent vos parents?
21.11.14
1122. TDG: Quelle est la pire communauté de gamers?
La porte s'ouvre dans un son tout particulier, hybride parfait entre la succion et le grincement. Je dépose mes quelques boissons et mon sac de croustilles sur le tapis d'entrée.
- Heille man! Comment ça va?
Pas de réponse. L'appartement est plongé dans le noir. Une très faible lueur verte découpe l'ouverture de la cuisine, au fond du couloir. J'entends des cliquetis.
J'accroche ma veste et je récupère mes vivres, pour ensuite me diriger vers l'apparente source de vie.
Le voilà. Prostré devant l'écran, enchevêtré de fils et d'appareils installés à la hâte sur la table, ses deux yeux vitreux clignotent rarement.
- Salut mon chum! J'ai des chips. Pis, comment ça se passe?
Il retire son casque et branche le son sur les hauts parleurs.
- Heille salut man, grosse game de Dota 2 en cours, désolé...
Le son du jeu enveloppe la pièce. Malgré d'énormes efforts, je n'ai jamais rien compris à Dota 2, acronyme de "Defense of the Ancients" mis en marché par le studio Valve en 2013. Il s'agit très grossièrement de travailler en équipe pour détruire le campement de l'équipe adverse. En dépit des excellents articles Pierre-Olivier Corbin à ce sujet, rien n'y fait: je ne vois qu'une grande bagarre chaotique à l'écran.
Je m'installe sur une chaise, le menton sur une paume. Il est plongé dans l'action.
- Ah man, les gars de mon équipe sont vraiment poches.
Ceux-semblent penser la même chose du joueur québécois en leur compagnie. À travers les hauts parleurs, un flot ininterrompu d'injures grêle dans la pièce, proférées sur le microphone des coéquipiers en ligne. Je vous évite le registre de langue, mais disons simplement que la plupart concernaient la mère de mon stoïque compagnon. J'entends même des invectives espagnoles.
Les insultes rythment la progression de la partie, explorant le racisme, l'homophobie et la virginité. Dépassé par les événements, je termine les croustilles après trente minutes de jeu. Le jeu devient de plus en plus intense, de nombreux personnages meurent et des bâtiments explosent. À l'occasion, mon hôte met en marche son microphone et jette un ordre ou une bien méchante réplique. Le chaos est total.
J'ose un commentaire.
- Crime, ça va mal.
Au même moment, un énorme bâtiment explose.
Mon ami soupire, puis tourne les yeux vers moi.
- Ben non, on a gagné! Tu viens de voir une de mes meilleures parties!
Les interactions entre les joueurs en ligne échappent à l'évaluation de l'ESRB et souvent à la censure, malgré les nombreux efforts des développeurs. Si vous jouez en ligne, connaissez-vous une communauté de joueurs particulièrement corrosive, à l'image de mon expérience? Quelle est la pire communauté de gamers, ou sinon, quelle est la meilleure?
- Heille man! Comment ça va?
Pas de réponse. L'appartement est plongé dans le noir. Une très faible lueur verte découpe l'ouverture de la cuisine, au fond du couloir. J'entends des cliquetis.
J'accroche ma veste et je récupère mes vivres, pour ensuite me diriger vers l'apparente source de vie.
Le voilà. Prostré devant l'écran, enchevêtré de fils et d'appareils installés à la hâte sur la table, ses deux yeux vitreux clignotent rarement.
- Salut mon chum! J'ai des chips. Pis, comment ça se passe?
Il retire son casque et branche le son sur les hauts parleurs.
- Heille salut man, grosse game de Dota 2 en cours, désolé...
Le son du jeu enveloppe la pièce. Malgré d'énormes efforts, je n'ai jamais rien compris à Dota 2, acronyme de "Defense of the Ancients" mis en marché par le studio Valve en 2013. Il s'agit très grossièrement de travailler en équipe pour détruire le campement de l'équipe adverse. En dépit des excellents articles Pierre-Olivier Corbin à ce sujet, rien n'y fait: je ne vois qu'une grande bagarre chaotique à l'écran.
Je m'installe sur une chaise, le menton sur une paume. Il est plongé dans l'action.
- Ah man, les gars de mon équipe sont vraiment poches.
Ceux-semblent penser la même chose du joueur québécois en leur compagnie. À travers les hauts parleurs, un flot ininterrompu d'injures grêle dans la pièce, proférées sur le microphone des coéquipiers en ligne. Je vous évite le registre de langue, mais disons simplement que la plupart concernaient la mère de mon stoïque compagnon. J'entends même des invectives espagnoles.
Les insultes rythment la progression de la partie, explorant le racisme, l'homophobie et la virginité. Dépassé par les événements, je termine les croustilles après trente minutes de jeu. Le jeu devient de plus en plus intense, de nombreux personnages meurent et des bâtiments explosent. À l'occasion, mon hôte met en marche son microphone et jette un ordre ou une bien méchante réplique. Le chaos est total.
J'ose un commentaire.
- Crime, ça va mal.
Au même moment, un énorme bâtiment explose.
Mon ami soupire, puis tourne les yeux vers moi.
- Ben non, on a gagné! Tu viens de voir une de mes meilleures parties!
Les interactions entre les joueurs en ligne échappent à l'évaluation de l'ESRB et souvent à la censure, malgré les nombreux efforts des développeurs. Si vous jouez en ligne, connaissez-vous une communauté de joueurs particulièrement corrosive, à l'image de mon expérience? Quelle est la pire communauté de gamers, ou sinon, quelle est la meilleure?
13.11.14
1123. TDG: Qu'est-ce qui vous indique que vous avez trop joué?
Chaque mardi, j'entreprends d'écrire ce billet en soirée, dans la quiétude de ma chambre.
L'ennui, c'est que le billet en question est écrit sur mon ordinateur, qui possède plusieurs icônes très attirantes ces jours-ci.
Ainsi, plutôt que d'aller de l'avant et de vous suggérer de répondre à l'habituelle question de la semaine, j'ai plutôt décidé de passer une demi-heure dans un Nephalem Rift de Diablo 3, "juste avant de souper". Je prends donc le contrôle d'un personnage armé jusqu'aux dents et j'entreprends de soulager un donjon infesté de monstres: la simplicité même.
Trop vite terminée, j'entreprends de répéter la séance. Les Nephalem Rifts s’enchaînèrent, justifiés à l'occasion par ce précieux objet légendaire qui daigne poindre par un coffre oublié ou un cadavre. La demi-heure est devenue heure, puis soirée, puis nuit.
Échevelé, affamé, les yeux couleur démon-sanguinolent, je me suis dressé maladroitement vers la cuisine pour cuisiner d'infâmes nouilles ramen. Je suis ensuite tombé dans mon lit, complètement désarticulé. Si j'avais pu, j'aurais joué encore.
J'ignore si vous partagez à l'occasion cet "état" bien curieux. Je sais que d'ordinaire j'encense le jeu vidéo avec l'équipe de Tous des Gamers, mais j'ai besoin de votre aide pour me discipliner. Ma mère est trop loin pour me rappeler à l'ordre, je crains d'ailleurs que cette lecture ne la décourage.
Combien de temps pouvez vous passer devant un jeu sans le voir passer? Quel signe distinctif vous indique que vous devez sauvegarder et quitter le jeu?
L'ennui, c'est que le billet en question est écrit sur mon ordinateur, qui possède plusieurs icônes très attirantes ces jours-ci.
Ainsi, plutôt que d'aller de l'avant et de vous suggérer de répondre à l'habituelle question de la semaine, j'ai plutôt décidé de passer une demi-heure dans un Nephalem Rift de Diablo 3, "juste avant de souper". Je prends donc le contrôle d'un personnage armé jusqu'aux dents et j'entreprends de soulager un donjon infesté de monstres: la simplicité même.
Trop vite terminée, j'entreprends de répéter la séance. Les Nephalem Rifts s’enchaînèrent, justifiés à l'occasion par ce précieux objet légendaire qui daigne poindre par un coffre oublié ou un cadavre. La demi-heure est devenue heure, puis soirée, puis nuit.
Échevelé, affamé, les yeux couleur démon-sanguinolent, je me suis dressé maladroitement vers la cuisine pour cuisiner d'infâmes nouilles ramen. Je suis ensuite tombé dans mon lit, complètement désarticulé. Si j'avais pu, j'aurais joué encore.
J'ignore si vous partagez à l'occasion cet "état" bien curieux. Je sais que d'ordinaire j'encense le jeu vidéo avec l'équipe de Tous des Gamers, mais j'ai besoin de votre aide pour me discipliner. Ma mère est trop loin pour me rappeler à l'ordre, je crains d'ailleurs que cette lecture ne la décourage.
Combien de temps pouvez vous passer devant un jeu sans le voir passer? Quel signe distinctif vous indique que vous devez sauvegarder et quitter le jeu?
5.11.14
1124. TDG: Quel jeu vidéo rétro mérite une version remastérisée?
Environ chaque semaine, Nicolas et moi allons casser la croûte dans une aire de restauration à proximité du bureau.
Après le repas, la cérémonie de la boutique de jeux vidéo est toujours au programme. Souvent accompagnés d'autres collègues, nous franchissons respectueusement le portail et nous effectuons un itinéraire complet entre les allées, en marmonnant des refus aux commis qui voudraient bien nous vendre quelque chose.
À l'occasion, quelqu'un achète d'ailleurs un jeu, mais essentiellement cette cérémonie est contemplative. Chaque rituel comprend la question évangélique de Nicolas.
- Pis, tu te l'achètes-tu ton PS4?
Je réponds toujours la même rengaine.
- Boah, je sais pas, on dirait qu'il n'y a pas encore de bons jeux.
À ce moment-ci, Nicolas hausse les épaules et nous quittons le sanctuaire, sous le regard blasé des vendeurs.
Ce soir par contre, je réalise que le jeu qui me fera acheter la prochaine génération de console n'est même pas sur les tablettes des boutiques: il se fait attendre dans le Playstation Store, en ligne.
Il s'agit de la version remastérisée de Grim Fandango, jeu d'aventure prenant place dans un royaume des morts complètement bariolé.

L'annonce de cette version au goût du jour avait fait une onde de choc à l'E3, particulièrement avec la tournure humoristique employée par Tim Schafer, concepteur du jeu
En ce qui me concerne, les heures passées devant les énigmes de Grim Fandango remontent à des lustres, mais caractérisent encore l'essence même du jeu porteur d'imaginaire. L'intrigue et la portée de cette fable à l'humour noir me pourchasse encore aujourd'hui, mais la version d'époque installée sur un système récent s'accompagne de frustrants bogues d'incompatibilité. J'attends donc impatiemment une date de tombée pour la version numérique du jeu, potentiellement sur console.
Il s'agira sans doute pour moi d'une bonne raison de rendre mon PS3 obsolescent, mais je réalise ce soir qu'une version PC sera éventuellement offerte, le titre n'étant pas tout à fait exclusif. Tant pis pour Nicolas, je vais continuer de le faire languir lors de nos visites à la boutique de jeux.
Si vous vous mettiez à ma place, y aurait-il un jeu vidéo rétro candidat pour une adaptation au goût du jour? Quel jeu vidéo mériterait un relooking, qu'il soit déjà existant, prévu ou simplement espéré?
Après le repas, la cérémonie de la boutique de jeux vidéo est toujours au programme. Souvent accompagnés d'autres collègues, nous franchissons respectueusement le portail et nous effectuons un itinéraire complet entre les allées, en marmonnant des refus aux commis qui voudraient bien nous vendre quelque chose.
À l'occasion, quelqu'un achète d'ailleurs un jeu, mais essentiellement cette cérémonie est contemplative. Chaque rituel comprend la question évangélique de Nicolas.
- Pis, tu te l'achètes-tu ton PS4?
Je réponds toujours la même rengaine.
- Boah, je sais pas, on dirait qu'il n'y a pas encore de bons jeux.
À ce moment-ci, Nicolas hausse les épaules et nous quittons le sanctuaire, sous le regard blasé des vendeurs.
Ce soir par contre, je réalise que le jeu qui me fera acheter la prochaine génération de console n'est même pas sur les tablettes des boutiques: il se fait attendre dans le Playstation Store, en ligne.
Il s'agit de la version remastérisée de Grim Fandango, jeu d'aventure prenant place dans un royaume des morts complètement bariolé.
L'annonce de cette version au goût du jour avait fait une onde de choc à l'E3, particulièrement avec la tournure humoristique employée par Tim Schafer, concepteur du jeu
En ce qui me concerne, les heures passées devant les énigmes de Grim Fandango remontent à des lustres, mais caractérisent encore l'essence même du jeu porteur d'imaginaire. L'intrigue et la portée de cette fable à l'humour noir me pourchasse encore aujourd'hui, mais la version d'époque installée sur un système récent s'accompagne de frustrants bogues d'incompatibilité. J'attends donc impatiemment une date de tombée pour la version numérique du jeu, potentiellement sur console.
Il s'agira sans doute pour moi d'une bonne raison de rendre mon PS3 obsolescent, mais je réalise ce soir qu'une version PC sera éventuellement offerte, le titre n'étant pas tout à fait exclusif. Tant pis pour Nicolas, je vais continuer de le faire languir lors de nos visites à la boutique de jeux.
Si vous vous mettiez à ma place, y aurait-il un jeu vidéo rétro candidat pour une adaptation au goût du jour? Quel jeu vidéo mériterait un relooking, qu'il soit déjà existant, prévu ou simplement espéré?
22.10.14
1125. TDG: Quel jeu vidéo a la meilleure longévité?
Si le disque dur de mon ordinateur était une ville, on y verrait assurément quelques gratte-ciel sévères renfermant du traitement de texte, des tableurs et des ateliers d'imagerie.
Tout en bas, une poignée de bars clinquants s'illumineraient le soir, promettant de l'action, des rencontres, des couleurs vives et une décharge d'adrénaline.
Après une longue journée de travail, on verrait ma petite silhouette passer son chemin devant ces boîtes de nuit bariolées. Je quitterais l'espace habité pour emprunter un sentier calleux entre les arbres.
Après une longue marche, j'attendrais le monde confortablement rétrograde de Heroes of Might and Magic 3.
Quelque part au delà des plus coquets rendus 3D et des exaltations du divertissement en ligne, ce jeu de stratégie tour par tour résiste encore et toujours à l'envahisseur. Originalement développé par 3DO en 1999, je n'ai pas encore trouvé de rival à Heroes 3, pas même ses propres successeurs.
Comprenez-moi bien: avec un système à jour, Heroes 3 fonctionne encore, avec une rapidité d'ailleurs fort agréable. L'aspect visuel du jeu rend hommage à l'âge d'or des "sprites", séquences animées regroupées en animations distinctes pour les personnages du jeu, ceux-ci rassemblant une kyrielle de figures mythologiques.
On y construit une ville grandiose, on y découvre une carte aux détails infinitésimaux, on y contrôle un ou plusieurs personnages à améliorer avec une énorme palette de choix. L'objectif? Détruire l'adversaire, qu'il soit animé d'intelligence artificielle ou un concurrent en chair et en os.
Il y a maintenant 15 ans que je possède Heroes of Might and Magic 3. Bien que je puisse rassembler une pesante collection de jeux récents, je suis prêt à tous les sacrifier pour me vautrer encore dans celui-ci, si démodé paraisse-t-il. D'ailleurs, j'accepte tous les défis pour une partie multi-joueur, faites-moi savoir si je suis vraiment marginal dans mon monde reculé.
Sur ce billet honorifique, connaissez-vous un concurrent valable? Quel jeu vidéo possède la plus grande longévité?
Tout en bas, une poignée de bars clinquants s'illumineraient le soir, promettant de l'action, des rencontres, des couleurs vives et une décharge d'adrénaline.
Après une longue journée de travail, on verrait ma petite silhouette passer son chemin devant ces boîtes de nuit bariolées. Je quitterais l'espace habité pour emprunter un sentier calleux entre les arbres.
Après une longue marche, j'attendrais le monde confortablement rétrograde de Heroes of Might and Magic 3.
Quelque part au delà des plus coquets rendus 3D et des exaltations du divertissement en ligne, ce jeu de stratégie tour par tour résiste encore et toujours à l'envahisseur. Originalement développé par 3DO en 1999, je n'ai pas encore trouvé de rival à Heroes 3, pas même ses propres successeurs.
Comprenez-moi bien: avec un système à jour, Heroes 3 fonctionne encore, avec une rapidité d'ailleurs fort agréable. L'aspect visuel du jeu rend hommage à l'âge d'or des "sprites", séquences animées regroupées en animations distinctes pour les personnages du jeu, ceux-ci rassemblant une kyrielle de figures mythologiques.
On y construit une ville grandiose, on y découvre une carte aux détails infinitésimaux, on y contrôle un ou plusieurs personnages à améliorer avec une énorme palette de choix. L'objectif? Détruire l'adversaire, qu'il soit animé d'intelligence artificielle ou un concurrent en chair et en os.
Il y a maintenant 15 ans que je possède Heroes of Might and Magic 3. Bien que je puisse rassembler une pesante collection de jeux récents, je suis prêt à tous les sacrifier pour me vautrer encore dans celui-ci, si démodé paraisse-t-il. D'ailleurs, j'accepte tous les défis pour une partie multi-joueur, faites-moi savoir si je suis vraiment marginal dans mon monde reculé.
Sur ce billet honorifique, connaissez-vous un concurrent valable? Quel jeu vidéo possède la plus grande longévité?
15.10.14
1126. TDG: Quel jeu vidéo est le plus compliqué?
Au retour d'une bienfaisante promenade d'automne, ma copine et moi retrouvons le calme de son appartement douillet. L'air frais nous suggère de fermer les fenêtres et de se blottir devant une série télé, scénario idéal pour terminer l'action de Grâce. Scénario idéal? C'est sans compter sur une malédiction qui s'abat sur moi depuis le rougissement des feuilles.
Cette malédiction, je croyais l'avoir vaincue l'an passé après une période d'oubli salvatrice. Mais ces temps-ci, elle se présente à moi sous la forme d'un méchant polichinelle nommé "Husky".
À l'intérieur de ma tête pas toujours très logique, je m'aventure donc dans une activité beaucoup plus hasardeuse qu'une série télé.
"Veux-tu regarder un replay de Starcraft 2 avec moi?"
Messieurs, n'ayez jamais cette idée, même si votre bien-aimée accepte avec les meilleures intentions du monde. Il y a d'après moi un sérieux problème de compatibilité entre la gent féminine et les célèbres joutes du jeu de stratégie diffusées par le commentateur Husky.
Je m'exécute, donc, légèrement surexcité et inconscient.
- Tu vas voir, c'est très facile à comprendre. Il y a deux joueurs qui construisent une petite ville, le but étant d'aller détruire la petite ville de l'autre. De toute façon, un monsieur explique tout ce qui se passe, il fait même des blagues.
- D'accord!
Elle me sourit. Le vidéo débute, mais j'arrête immédiatement la lecture dès la première image et je pointe quelques personnages avec ma souris.
- Bon, les bonshommes ici, ce sont des travailleurs. Ils récoltent les minéraux pour construire les bâtiments. Ils peuvent aussi se défendre mais ils ne sont pas très forts.
Le vidéo se remet à jouer.
- Pourquoi celui-là, il s'en va? Il est fatigué?
- Non, celui-là, c'est un "scout", il va aller faire de la reconnaissance dans la ville ennemie pour découvrir la stratégie de l'autre joueur.
- C'est quoi cette maison là? Pourquoi elle est faite en vers de terre?
- Elle permet de créer des "Banelings", des petits bonshommes qui explosent et qui emportent beaucoup d'ennemis avec eux.
- Et hum, pourquoi le bonhomme de tantôt tourne en rond?
- Il est en mode "Patrol" pour éviter que l'autre joueur ne prenne son "Expand".
- ...C'est quoi, ça?
Je commence à réaliser que le lexique de Starcraft 2 est curieusement alambiqué et résolument bien vissé dans ma caboche. Le transmettre à une personne complètement profane, homme ou femme, est tout un mandat.
Dans le cas présent, la bouche de travers, ma profane fait des efforts titanesque pour comprendre ce qui arrive, mais même mes explications se font incompréhensibles. Je passe de "drop" à "warped in" à "supply blocked" alors que le match gagne en intensité.
Il s'achève enfin sur un culminant "GG" qui n'aura tiré qu'un sourcil à ma spectatrice.
Je concède.
- Bon, si tu veux, on peut regarder un tutoriel de maquillage.
Elle exulte, alors que de bonne foi je raye "Starcraft 2" de mes activités amoureuses.
Cette fin de soirée m'aura appris une bonne leçon, mais d'après vous y aurait-il des jeux pires que Starcraft 2 pour un scénario semblable? Quel univers possède la courbe d'apprentissage la plus ardue, ou est tout simplement impossible à expliquer au spectateur?
Cette malédiction, je croyais l'avoir vaincue l'an passé après une période d'oubli salvatrice. Mais ces temps-ci, elle se présente à moi sous la forme d'un méchant polichinelle nommé "Husky".
À l'intérieur de ma tête pas toujours très logique, je m'aventure donc dans une activité beaucoup plus hasardeuse qu'une série télé.
"Veux-tu regarder un replay de Starcraft 2 avec moi?"
Messieurs, n'ayez jamais cette idée, même si votre bien-aimée accepte avec les meilleures intentions du monde. Il y a d'après moi un sérieux problème de compatibilité entre la gent féminine et les célèbres joutes du jeu de stratégie diffusées par le commentateur Husky.
Je m'exécute, donc, légèrement surexcité et inconscient.
- Tu vas voir, c'est très facile à comprendre. Il y a deux joueurs qui construisent une petite ville, le but étant d'aller détruire la petite ville de l'autre. De toute façon, un monsieur explique tout ce qui se passe, il fait même des blagues.
- D'accord!
Elle me sourit. Le vidéo débute, mais j'arrête immédiatement la lecture dès la première image et je pointe quelques personnages avec ma souris.
- Bon, les bonshommes ici, ce sont des travailleurs. Ils récoltent les minéraux pour construire les bâtiments. Ils peuvent aussi se défendre mais ils ne sont pas très forts.
Le vidéo se remet à jouer.
- Pourquoi celui-là, il s'en va? Il est fatigué?
- Non, celui-là, c'est un "scout", il va aller faire de la reconnaissance dans la ville ennemie pour découvrir la stratégie de l'autre joueur.
- C'est quoi cette maison là? Pourquoi elle est faite en vers de terre?
- Elle permet de créer des "Banelings", des petits bonshommes qui explosent et qui emportent beaucoup d'ennemis avec eux.
- Et hum, pourquoi le bonhomme de tantôt tourne en rond?
- Il est en mode "Patrol" pour éviter que l'autre joueur ne prenne son "Expand".
- ...C'est quoi, ça?
Je commence à réaliser que le lexique de Starcraft 2 est curieusement alambiqué et résolument bien vissé dans ma caboche. Le transmettre à une personne complètement profane, homme ou femme, est tout un mandat.
Dans le cas présent, la bouche de travers, ma profane fait des efforts titanesque pour comprendre ce qui arrive, mais même mes explications se font incompréhensibles. Je passe de "drop" à "warped in" à "supply blocked" alors que le match gagne en intensité.
Il s'achève enfin sur un culminant "GG" qui n'aura tiré qu'un sourcil à ma spectatrice.
Je concède.
- Bon, si tu veux, on peut regarder un tutoriel de maquillage.
Elle exulte, alors que de bonne foi je raye "Starcraft 2" de mes activités amoureuses.
Cette fin de soirée m'aura appris une bonne leçon, mais d'après vous y aurait-il des jeux pires que Starcraft 2 pour un scénario semblable? Quel univers possède la courbe d'apprentissage la plus ardue, ou est tout simplement impossible à expliquer au spectateur?
8.10.14
1127. TDG: Quel est le meilleur jeu de puzzle?
Certaines choses insupportables naissent du partage.
Je suis en train de souper. D'une main, je parcours distraitement mon fil Facebook. Au milieu du ressac de vidéos, de photos et de propos, quelqu'un a cru bon de partager un jeu vidéo. Sa brève critique est édifiante et, tiens donc, j'ai justement quelques minutes à tuer. Convaincu, je hausse les sourcils et d'une innocente pression j'ouvre un onglet sur ce qui aura finalement condamné ma soirée.
Clic!
Comme d'habitude, le principe est machiavéliquement simple, l'apparence épurée et invitante.
Il suffit de dessiner un trait qui entre dans une pièce, parcourt toutes ses tuiles et ressort par une autre porte. L'idée évoque certains algorithmes classiques, et l'expérience apaisante s'exécute merveilleusement bien sur mon ordinateur comme sur mon téléphone portable, chose surprenante pour un Blackberry Z10 xénophobe et chauvin. Je me lance.
Après quelques niveaux, la difficulté augmente. Peu importe la candeur du jeu de puzzle, elle augmente toujours, la teigne. Je me souviens avoir involontairement sorti la langue.
Allez-y, essayez. J'en suis au niveau 10 et incapable d'en venir à bout. Une main empoigne mes cheveux, l'autre renonce rapidement à ses ongles, sous mon front plissé deux yeux exorbités cherchent désespérément la solution unique. Voûté devant l'écran, je me pétrifie tranquillement, maudissant le partage de ce jeu de labyrinthe si bien foutu.
J'ai assisté à des frustrations terribles devant des jeux de tir, de course et même de danse, mais il semble que les plus insidieuses d'entre elles soient reliées à des jeux de puzzle. J'hésite à fournir mes exemples, je préfère entendre les vôtres.
Quel est donc le meilleur jeu de puzzle? Et parallèlement, êtes-vous venus à bout d'Alcazar?
Je suis en train de souper. D'une main, je parcours distraitement mon fil Facebook. Au milieu du ressac de vidéos, de photos et de propos, quelqu'un a cru bon de partager un jeu vidéo. Sa brève critique est édifiante et, tiens donc, j'ai justement quelques minutes à tuer. Convaincu, je hausse les sourcils et d'une innocente pression j'ouvre un onglet sur ce qui aura finalement condamné ma soirée.
Clic!
Comme d'habitude, le principe est machiavéliquement simple, l'apparence épurée et invitante.
Il suffit de dessiner un trait qui entre dans une pièce, parcourt toutes ses tuiles et ressort par une autre porte. L'idée évoque certains algorithmes classiques, et l'expérience apaisante s'exécute merveilleusement bien sur mon ordinateur comme sur mon téléphone portable, chose surprenante pour un Blackberry Z10 xénophobe et chauvin. Je me lance.
Après quelques niveaux, la difficulté augmente. Peu importe la candeur du jeu de puzzle, elle augmente toujours, la teigne. Je me souviens avoir involontairement sorti la langue.
Allez-y, essayez. J'en suis au niveau 10 et incapable d'en venir à bout. Une main empoigne mes cheveux, l'autre renonce rapidement à ses ongles, sous mon front plissé deux yeux exorbités cherchent désespérément la solution unique. Voûté devant l'écran, je me pétrifie tranquillement, maudissant le partage de ce jeu de labyrinthe si bien foutu.
J'ai assisté à des frustrations terribles devant des jeux de tir, de course et même de danse, mais il semble que les plus insidieuses d'entre elles soient reliées à des jeux de puzzle. J'hésite à fournir mes exemples, je préfère entendre les vôtres.
Quel est donc le meilleur jeu de puzzle? Et parallèlement, êtes-vous venus à bout d'Alcazar?
1.10.14
1128. TDG: Quel jeu vidéo est le plus agréable à regarder?
Après une longue marche dans la pluie froide, les bourrasques indécises et la noirceur inquiétante, j'aperçois la façade de mon logement. Transi, je me faufile à l'intérieur, les dents serrées.
Mon colocataire est affalé dans la pénombre, le téléviseur lui bleuissant les traits. Il me marmonne une phrase de bienvenue, yeux vitreux rivés sur The Elder's Scroll:Skyrim.
Je suspends mon manteau, retire mes bottes et je pose mes effets. C'est un automatisme: je le rejoins sur le divan et tranquillement j'adopte sensiblement le même faciès détendu que lui.
À l'écran, le personnage de mon colocataire marche difficilement dans l'hiver. Un vent lancinant se fait entendre, la nuit est tombée. Je me sens déjà passablement réchauffé.
Les heures passent, j'endosse placidement tous les gestes posés, toutes les répliques, toutes les erreurs. Sans sourciller, j'assiste plusieurs fois à la mort du protagoniste devant un ennemi coriace.
J'en viens presque à admettre que je préfère regarder quelqu'un jouer que de jouer moi-même. En fait je m'assume: je préfère définitivement regarder. Je ne saurais pas expliquer l'émotion ressentie: un mélange d'esprit de connivence et de schadenfreude discret. Toujours est-il que hormis quelques jeux où mon orgueil est trop fort, je n'hésite pas à céder ma place.
Je ne suis pas le seul: des milliers de spectateurs justifient l'existence de vidéos "Let's Play", où on assiste au parcours d'un joueur sans interagir soi-même. On n'a qu'à songer à la grande popularité des diffusions de joutes de Starcraft 2 pour admettre que le spectacle vaut souvent l'expérience du jeu en soi.
Ceci dit, connaissez-vous des jeux qui sont particulièrement agréables à regarder? Quel est le jeu qui offre le meilleur divertissement au spectateur, aux dépends du joueur ou non?
Mon colocataire est affalé dans la pénombre, le téléviseur lui bleuissant les traits. Il me marmonne une phrase de bienvenue, yeux vitreux rivés sur The Elder's Scroll:Skyrim.
Je suspends mon manteau, retire mes bottes et je pose mes effets. C'est un automatisme: je le rejoins sur le divan et tranquillement j'adopte sensiblement le même faciès détendu que lui.
À l'écran, le personnage de mon colocataire marche difficilement dans l'hiver. Un vent lancinant se fait entendre, la nuit est tombée. Je me sens déjà passablement réchauffé.
Les heures passent, j'endosse placidement tous les gestes posés, toutes les répliques, toutes les erreurs. Sans sourciller, j'assiste plusieurs fois à la mort du protagoniste devant un ennemi coriace.
J'en viens presque à admettre que je préfère regarder quelqu'un jouer que de jouer moi-même. En fait je m'assume: je préfère définitivement regarder. Je ne saurais pas expliquer l'émotion ressentie: un mélange d'esprit de connivence et de schadenfreude discret. Toujours est-il que hormis quelques jeux où mon orgueil est trop fort, je n'hésite pas à céder ma place.
Je ne suis pas le seul: des milliers de spectateurs justifient l'existence de vidéos "Let's Play", où on assiste au parcours d'un joueur sans interagir soi-même. On n'a qu'à songer à la grande popularité des diffusions de joutes de Starcraft 2 pour admettre que le spectacle vaut souvent l'expérience du jeu en soi.
Ceci dit, connaissez-vous des jeux qui sont particulièrement agréables à regarder? Quel est le jeu qui offre le meilleur divertissement au spectateur, aux dépends du joueur ou non?
23.9.14
1129. TDG: Quel est le meilleur ou le pire film inspiré d'un jeu vidéo?
Avec l'arrivée de l'automne, je suis très heureux de reprendre la barre de la question de la semaine avec l'équipe de Tous des Gamers. Ceci dit, celle d'aujourd'hui élude les jeux vidéos pour s'intéresser plutôt aux meilleurs et aux pires films inspirés de l'industrie vidéoludique.
Cette question me trotte d'ailleurs dans la tête depuis quelques semaines. D'emblée, je me souviens de l'ignoble film "Super Mario Bros" paru en 1993. C'était d'après moi une tentative désespérée d'agglomérer l'univers déjanté de la franchise de Nintendo avec un New York suintant l'intrigue mièvre et les années 90 criardes. J'en mets beaucoup: j'ai tout de même une envie malsaine de visionner à nouveau cette désespérante blague de cent quatre minutes.
J'ai ensuite pris un moment pour m'arrêter et songer aux différentes compagnies de jeux qui ont convaincu des producteurs de s'impliquer dans leurs histoires. Avec le soin apporté à la trame narrative de certaines franchises plus récentes (The Last of Us et Heavy Rain me viennent en tête), je réalise que la zone devient de plus en plus grise entre les médias passifs et interactifs.
À ma grande surprise, la liste de films inspirés de jeux vidéos est d'ailleurs plutôt longue: vous serez d'ailleurs surpris de constater ce que l'industrie du cinéma a dans sa manche pour les années à venir (un film d'Angry Birds en 2016? Vraiment?).
Cet été, j'ai surmonté mon préjugé sur ces longs métrages "hybrides", qui d'après moi s'enlisent toujours dans leurs compromis envers leurs homologues interactifs. J'ai visionné "Need for Speed", sans grandes attentes et vaincu d'avance par la sauce hollywoodienne. Ma foi, j'ai passé un bon moment au milieu des poursuites automobiles et des cascades, j'irais jusqu'à dire que l'association avec le nom d'un jeu de course célèbre a verni davantage l'expérience.
J'en conviens, "Need for Speed" n'est pas tout à fait un chef d'oeuvre, mais je demeure curieux de découvrir un film basé sur un jeu vidéo qui a su miser juste. Avez-vous la réponse? Sinon, en connaissez-vous un qui soit vraiment, mais vraiment très mauvais, prouvant que les deux concepts soient tout à fait insolubles?
Au plaisir de vous lire!
Cette question me trotte d'ailleurs dans la tête depuis quelques semaines. D'emblée, je me souviens de l'ignoble film "Super Mario Bros" paru en 1993. C'était d'après moi une tentative désespérée d'agglomérer l'univers déjanté de la franchise de Nintendo avec un New York suintant l'intrigue mièvre et les années 90 criardes. J'en mets beaucoup: j'ai tout de même une envie malsaine de visionner à nouveau cette désespérante blague de cent quatre minutes.
J'ai ensuite pris un moment pour m'arrêter et songer aux différentes compagnies de jeux qui ont convaincu des producteurs de s'impliquer dans leurs histoires. Avec le soin apporté à la trame narrative de certaines franchises plus récentes (The Last of Us et Heavy Rain me viennent en tête), je réalise que la zone devient de plus en plus grise entre les médias passifs et interactifs.
À ma grande surprise, la liste de films inspirés de jeux vidéos est d'ailleurs plutôt longue: vous serez d'ailleurs surpris de constater ce que l'industrie du cinéma a dans sa manche pour les années à venir (un film d'Angry Birds en 2016? Vraiment?).
Cet été, j'ai surmonté mon préjugé sur ces longs métrages "hybrides", qui d'après moi s'enlisent toujours dans leurs compromis envers leurs homologues interactifs. J'ai visionné "Need for Speed", sans grandes attentes et vaincu d'avance par la sauce hollywoodienne. Ma foi, j'ai passé un bon moment au milieu des poursuites automobiles et des cascades, j'irais jusqu'à dire que l'association avec le nom d'un jeu de course célèbre a verni davantage l'expérience.
J'en conviens, "Need for Speed" n'est pas tout à fait un chef d'oeuvre, mais je demeure curieux de découvrir un film basé sur un jeu vidéo qui a su miser juste. Avez-vous la réponse? Sinon, en connaissez-vous un qui soit vraiment, mais vraiment très mauvais, prouvant que les deux concepts soient tout à fait insolubles?
Au plaisir de vous lire!
11.6.14
1130. TDG: Quelle franchise de jeu vidéo voudriez-vous voir renaître?
Ma perception de la musique a changé au cours des années 2000.
À chaque chanson entendue à la radio, je percevais des flèches en surbrillance derrière mes paupières.
J'étais tombé dans la folie de Dance Dance Revolution.
Ainsi, plutôt que de me lancer dans de longues digressions sur l'univers des jeux de musique, je me remémore simplement une performance au vieux-port de Chicoutimi en 2006. On m'y voit accomplir la chorégraphie du niveau "MAX 300" à la difficulté maximale, et m'en tirer avec une note de "A".
J'ai essayé récemment de refaire l'exploit, sans succès. Ceci dit, à chaque fois que je trouve une antique machine d'arcade dans certains endroits reculés de la province, je tente ma chance. L'orgueil est une bien méchante créature.
En cette semaine de découvertes au E3, quel jeu voudriez-vous voir revenir d'entre les morts? Quelle franchise défunte voudriez vous voir avec les capacités d'aujourd'hui?
À chaque chanson entendue à la radio, je percevais des flèches en surbrillance derrière mes paupières.
J'étais tombé dans la folie de Dance Dance Revolution.
Ainsi, plutôt que de me lancer dans de longues digressions sur l'univers des jeux de musique, je me remémore simplement une performance au vieux-port de Chicoutimi en 2006. On m'y voit accomplir la chorégraphie du niveau "MAX 300" à la difficulté maximale, et m'en tirer avec une note de "A".
J'ai essayé récemment de refaire l'exploit, sans succès. Ceci dit, à chaque fois que je trouve une antique machine d'arcade dans certains endroits reculés de la province, je tente ma chance. L'orgueil est une bien méchante créature.
En cette semaine de découvertes au E3, quel jeu voudriez-vous voir revenir d'entre les morts? Quelle franchise défunte voudriez vous voir avec les capacités d'aujourd'hui?
4.6.14
1131. TDG: Quel est le meilleur jeu de course?
"Bon, il va falloir présenter un numéro devant un public blasé. Ton objectif sera de capter leur attention suffisamment longtemps pour éviter qu'ils zappent au prochain numéro. Essaie de faire quatre minutes."
L'amphithéâtre est bondé. Je suis nerveux mais confiant, j'ai le concept parfait pour égayer toute la salle pendant de longues minutes. C'est dans la poche.
On appelle mon nom. Je monte sur scène, nimbé d'un cône de lumière crue.
Au moment où je salue la foule, les immenses rideaux s'ouvrent à l'arrière et un projecteur puissant se met en marche.
Branché dans un système audiovisuel titanesque, la console émet une trombe de moteurs deux temps alors que le logo "Nintendo" tournoie.
Dans l'énorme salle de spectacle, "Welcome to Mario Kart" se fait entendre.
La foule exulte. Je frappe mon poing contre mon coeur et me proclame champion indétrônable de Mario Kart 64. Quiconque réussira à me vaincre ravira mon titre.
Je saisis un contrôleur tripode et m'installe sur une des quatre chaises soigneusement préparées.
Une légion d'aspirants se lève et se masse devant la scène. Trois élus sont choisis, ils s'installent.
Les voitures démarrent et la course s'annonce serrée. Serrée? Impossible! J'ai des décennies d'expérience. Je connais chaque recoin des pistes, chaque raccourci. Pourquoi le peloton est-il si contigu?
La réponse est qu'une surprenante quantité de gens sont experts à Mario Kart 64.
Au dernier tour, je brigue la première place mais je suis atteint par une infernale coquille de tortue, à quelques mètres de la ligne d'arrivée. Rageur, je suis debout et je condamne tous les saints du ciel alors que mon moteur geint vers la deuxième position.
Il aura fallu deux minutes quinze à ce terrible jeu pour me remettre à ma place. Flouée, la foule hue et demande de passer à autre chose.
Humilié, je suis allé dans la salle, ruminant ma prétention. Ceci dit, mon désarroi était alimenté par autre chose: j'avais tout bêtement eu du plaisir à jouer. Quelque part en moi, j'avais envie de courser encore, au diable le concours de popularité. La série Mario Kart a millésimé un cocktail d'endorphines parfait: celui d'apprécier la fin et les moyens en même temps.
Je doute fort qu'un meilleur jeu de course existe sur le marché, mais je cherche un avocat du diable qui saura me dire vers quel substitut me tourner. Quel est le meilleur jeu de course d'après vous?
L'amphithéâtre est bondé. Je suis nerveux mais confiant, j'ai le concept parfait pour égayer toute la salle pendant de longues minutes. C'est dans la poche.
On appelle mon nom. Je monte sur scène, nimbé d'un cône de lumière crue.
Au moment où je salue la foule, les immenses rideaux s'ouvrent à l'arrière et un projecteur puissant se met en marche.
Branché dans un système audiovisuel titanesque, la console émet une trombe de moteurs deux temps alors que le logo "Nintendo" tournoie.
Dans l'énorme salle de spectacle, "Welcome to Mario Kart" se fait entendre.
La foule exulte. Je frappe mon poing contre mon coeur et me proclame champion indétrônable de Mario Kart 64. Quiconque réussira à me vaincre ravira mon titre.
Je saisis un contrôleur tripode et m'installe sur une des quatre chaises soigneusement préparées.
Une légion d'aspirants se lève et se masse devant la scène. Trois élus sont choisis, ils s'installent.
Les voitures démarrent et la course s'annonce serrée. Serrée? Impossible! J'ai des décennies d'expérience. Je connais chaque recoin des pistes, chaque raccourci. Pourquoi le peloton est-il si contigu?
La réponse est qu'une surprenante quantité de gens sont experts à Mario Kart 64.
Au dernier tour, je brigue la première place mais je suis atteint par une infernale coquille de tortue, à quelques mètres de la ligne d'arrivée. Rageur, je suis debout et je condamne tous les saints du ciel alors que mon moteur geint vers la deuxième position.
Il aura fallu deux minutes quinze à ce terrible jeu pour me remettre à ma place. Flouée, la foule hue et demande de passer à autre chose.
Humilié, je suis allé dans la salle, ruminant ma prétention. Ceci dit, mon désarroi était alimenté par autre chose: j'avais tout bêtement eu du plaisir à jouer. Quelque part en moi, j'avais envie de courser encore, au diable le concours de popularité. La série Mario Kart a millésimé un cocktail d'endorphines parfait: celui d'apprécier la fin et les moyens en même temps.
Je doute fort qu'un meilleur jeu de course existe sur le marché, mais je cherche un avocat du diable qui saura me dire vers quel substitut me tourner. Quel est le meilleur jeu de course d'après vous?
28.5.14
1132. TDG: Quel est le meilleur jeu de tir à la première personne?
La voiture s'arrête devant la façade éclairée. Je coupe le contact.
Elle est emballée et me prend la main. "J'ai tellement hâte de te présenter tout le monde!"
Le soir hâtif de janvier est tombé depuis longtemps. Mes pas crissent tranquillement dans la neige, le portail se rapproche.
Ce sera donc ma première soirée dans la belle famille. J'aimerais beaucoup savoir à quoi m'attendre, j'appréhende une évaluation en règle et je serre les dents. Notre relation opère depuis quelques semaines et je suis encore un total inconnu pour eux, je leur parais sans doute comme un misanthrope déviant ayant ravi leur précieuse représentante féminine.
Devant mon air tendu, ma copine rappelle que sa mère a une envie folle de me rencontrer. J'apprécie l'attention. Je sais par contre que deux frères et un père m'attendent.
Dépité, je me prépare à un procès patriarcal en règle, deux procureurs hargneux tournoyant autour du ténébreux chef de famille. La mienne comprend trois filles et un faible passé en sports d'équipe: si la conversation devient virile j'ai peu d'atouts.
La porte s'ouvre dans une grande clameur joyeuse.
"Bienvenue! Oh que je suis contente de te voir enfin!"
Tout le monde sourit. L'accueil chaleureux m'inonde d'endorphines, comme après un plongeon de quinze mètres. Une petite voix intérieure m'indique qu'une fondue chinoise m'attend, ce qui signifie conversations fournies.
La mère de ma copine travaille dans un centre de formation agricole. J'aurai en outre devant moi un mécanicien, un déménageur-bûcheron et le directeur d'un centre de rénovation. Avec mon profil en arts et mon physique de spaghetti de piscine, je n'en menais pas large.
Par contre, j'ai réalisé ce soir là que je possédais une arme très précieuse. Celle d'avoir beaucoup trop joué à Call of Duty.
Le souper débute et ma copine amorce la conversation. Les sujets sont concernent surtout la période des fêtes et les vacances. À un moment donné, on évoque la franchise mondialement connue d'Activision. Je me souviens d'avoir retenu mon souffle et d'avoir lancé cette phrase au plus jeune frère de ma copine: "Ah ouin, tu as Call of Duty? As-tu prestigé?"
"Prestiger", c'est éliminer suffisamment de joueurs adverses en ligne pour débloquer toutes les variantes d'armement disponibles. Le joueur a alors de choix de continuer avec son arsenal ou de recommencer avec un cran de "prestige", la manœuvre pouvant se répéter. Ces niveaux qualifiant les joueurs expérimentés permettent de faire de l'épate: on peut vite devenir intimidant avec de nombreux crans successifs et une cracheuse automatique avec lunette de tir.
Son sourire apparaît. Il avait effectivement "prestigé". Mes tensions m'ont quitté, le monde interlope du gaming avait réuni deux représentants autour de minces lanières de bœuf. Le sujet en a amené un autre, puis un autre, puis j'ai porté un toast et la soirée était réussie. Ma copine était ravie, je faisais des blagues et me sentais à ma place. Je n'ai jamais vécu de gêne en leur présence par la suite.
Certains pourraient dire bien du mal de Call of Duty. C'est un jeu à plus forte raison répétitif d'une itération à l'autre, résolument violent et garni d'une communauté de joueurs souvent haineux.
Mais ce fleuron du tir à la première personne m'a ironiquement permis de jeter les bases d'une relation amoureuse stable. Bon gré mal gré, c'est mon jeu de tir à la première personne préféré.
En passant, je n'ai jamais prestigé. Je suis plutôt mauvais en fait, je ne fais que des "Special Ops", une variante qui n'implique pas de concurrence. Mais bon, hein, ne le dites pas.
Quel est d'après vous le meilleur First Person Shooter?
Elle est emballée et me prend la main. "J'ai tellement hâte de te présenter tout le monde!"
Le soir hâtif de janvier est tombé depuis longtemps. Mes pas crissent tranquillement dans la neige, le portail se rapproche.
Ce sera donc ma première soirée dans la belle famille. J'aimerais beaucoup savoir à quoi m'attendre, j'appréhende une évaluation en règle et je serre les dents. Notre relation opère depuis quelques semaines et je suis encore un total inconnu pour eux, je leur parais sans doute comme un misanthrope déviant ayant ravi leur précieuse représentante féminine.
Devant mon air tendu, ma copine rappelle que sa mère a une envie folle de me rencontrer. J'apprécie l'attention. Je sais par contre que deux frères et un père m'attendent.
Dépité, je me prépare à un procès patriarcal en règle, deux procureurs hargneux tournoyant autour du ténébreux chef de famille. La mienne comprend trois filles et un faible passé en sports d'équipe: si la conversation devient virile j'ai peu d'atouts.
La porte s'ouvre dans une grande clameur joyeuse.
"Bienvenue! Oh que je suis contente de te voir enfin!"
Tout le monde sourit. L'accueil chaleureux m'inonde d'endorphines, comme après un plongeon de quinze mètres. Une petite voix intérieure m'indique qu'une fondue chinoise m'attend, ce qui signifie conversations fournies.
La mère de ma copine travaille dans un centre de formation agricole. J'aurai en outre devant moi un mécanicien, un déménageur-bûcheron et le directeur d'un centre de rénovation. Avec mon profil en arts et mon physique de spaghetti de piscine, je n'en menais pas large.
Par contre, j'ai réalisé ce soir là que je possédais une arme très précieuse. Celle d'avoir beaucoup trop joué à Call of Duty.
Le souper débute et ma copine amorce la conversation. Les sujets sont concernent surtout la période des fêtes et les vacances. À un moment donné, on évoque la franchise mondialement connue d'Activision. Je me souviens d'avoir retenu mon souffle et d'avoir lancé cette phrase au plus jeune frère de ma copine: "Ah ouin, tu as Call of Duty? As-tu prestigé?"
"Prestiger", c'est éliminer suffisamment de joueurs adverses en ligne pour débloquer toutes les variantes d'armement disponibles. Le joueur a alors de choix de continuer avec son arsenal ou de recommencer avec un cran de "prestige", la manœuvre pouvant se répéter. Ces niveaux qualifiant les joueurs expérimentés permettent de faire de l'épate: on peut vite devenir intimidant avec de nombreux crans successifs et une cracheuse automatique avec lunette de tir.
Son sourire apparaît. Il avait effectivement "prestigé". Mes tensions m'ont quitté, le monde interlope du gaming avait réuni deux représentants autour de minces lanières de bœuf. Le sujet en a amené un autre, puis un autre, puis j'ai porté un toast et la soirée était réussie. Ma copine était ravie, je faisais des blagues et me sentais à ma place. Je n'ai jamais vécu de gêne en leur présence par la suite.
Certains pourraient dire bien du mal de Call of Duty. C'est un jeu à plus forte raison répétitif d'une itération à l'autre, résolument violent et garni d'une communauté de joueurs souvent haineux.
Mais ce fleuron du tir à la première personne m'a ironiquement permis de jeter les bases d'une relation amoureuse stable. Bon gré mal gré, c'est mon jeu de tir à la première personne préféré.
En passant, je n'ai jamais prestigé. Je suis plutôt mauvais en fait, je ne fais que des "Special Ops", une variante qui n'implique pas de concurrence. Mais bon, hein, ne le dites pas.
Quel est d'après vous le meilleur First Person Shooter?
21.5.14
1133. TDG: Quel est le meilleur jeu de rôle?
Extrait du journal intime de François, neuf ans:
Il faut dire que les miens se sont vite mis à imposer la doctrine stricte d'une heure d'écran par jour. Assis en tailleur devant la télévision, j'absorbais chaque seconde de cette période fugace, monopolisant plus souvent qu'autrement le temps alloué à ma grande sœur.
J'étais tellement captivé que je me dépêchais de cligner des yeux.
Les disputes fraternelles autour de la console furent mémorables. En dépit de ses deux manettes, le Super Nintendo a toujours été un artefact du monopole, souvent pour mon profit soigneusement manigancé.
La plus vive dispute concerne un cadeau encore plus terrible. Au mois d'août de cette même année, Super Mario RPG faisait une entrée ravageuse dans le clan familial.
Mes parents ont alors réalisé une surprenante percée dans ma dictature fraternelle. Ils ont offert ce joyau du jeu de rôle à ma grande soeur. Si je me souviens bien, elle avait accumulé suffisamment d'argent pour se l'offrir, mon père l'avait accompagnée au magasin. J'étais violet d'envie. Il me fallait cette cassette.
Pendant un bout de temps, j'ai accepté de la regarder jouer, notant d'un ton mielleux chaque faux pas dans l'aventure. Oh oui, j'étais vraiment un méchant petit bonhomme.
Après une trop courte période, ce qui devait arriver arriva. En son absence, j'ai débuté ma propre partie. Elle s'est présentée dans le salon, j'ai refusé de lui rendre la manette. C'était la fin d'une sournoise armistice pour céder la place à une terrible guerre silencieuse.
Le lendemain, en arrivant dans le salon pour l'heure de jeu, je remarque que la cartouche de jeu n'y est plus. J'ai décoché un regard assassin à ma grande sœur.
"Heille, elle est où la cassette de Super Mario Herrpéjé?"
"Je l'ai cachée."
Je ne l'ai pas trouvée. La chicane a atteint un niveau difficile à imaginer, les pages sur ce sujet sont d'ailleurs absentes dans mon journal. Je crois qu'elle en parle dans le sien; il me faudra lui demander si elle l'a encore.
Toujours est-il que j'ai fini par m'excuser. Dans sa grande miséricorde, ma grande sœur a récupéré le précieux objet dans son placard (j'avais pourtant regardé), nous avons convenu de continuer l'aventure ensemble. Après tout, la quintessence du divertissement qu'offre Super Mario RPG a fini par nous plonger dans la même transe délirante. Nous avions nos personnages préférés, nos musiques préférées, nos lieux bien à nous, le tout dans l'univers vaste et savamment scénarisé de cette pièce d'anthologie.
Je crois que nous sommes devenus un peu débiles, mais unis, ce qu'un jeu saccadé et violent n'aurait sans doute jamais accompli.
L'équilibre s'est rétabli dans le clan familial, du moins jusqu'à l'arrivée du Nintendo 64.
Quel est le meilleur jeu de rôle? Quel RPG vous a personnellement marqué?
C'est le soir, le dernier soir de 1996. On est allés à Québec souhaiter bonne année à toute la parentée(sic) . Le Bye-Bye 1995 était super drôle. Voici les cadeaux que j'ai eu(sic) : la cassette de François Pérusse tome 4 (Final), un pyjama, un super gros crayon, une tuque à la mode, un jeu légo (engin des cratères), un livre de la collection Spirou, vingt dollards(sic) , le jeu POG, mais ce qui est super, c'est qu'on a eu, moi et ma sœur UN SUPER NINTENDO!!! Alors voilà mes cadeaux. (le texte se termine sur le dessin d'un crocodile avec une casquette)Fermant cérémonieusement les pages de mon journal, j'observais alors la grosse boîte rectangulaire qui attendait placidement de remplir son rôle. La console de rêve était là, entrevue et enviée chez mes amis aux parents plus permissifs.
Il faut dire que les miens se sont vite mis à imposer la doctrine stricte d'une heure d'écran par jour. Assis en tailleur devant la télévision, j'absorbais chaque seconde de cette période fugace, monopolisant plus souvent qu'autrement le temps alloué à ma grande sœur.
J'étais tellement captivé que je me dépêchais de cligner des yeux.
Les disputes fraternelles autour de la console furent mémorables. En dépit de ses deux manettes, le Super Nintendo a toujours été un artefact du monopole, souvent pour mon profit soigneusement manigancé.
La plus vive dispute concerne un cadeau encore plus terrible. Au mois d'août de cette même année, Super Mario RPG faisait une entrée ravageuse dans le clan familial.
Mes parents ont alors réalisé une surprenante percée dans ma dictature fraternelle. Ils ont offert ce joyau du jeu de rôle à ma grande soeur. Si je me souviens bien, elle avait accumulé suffisamment d'argent pour se l'offrir, mon père l'avait accompagnée au magasin. J'étais violet d'envie. Il me fallait cette cassette.
Pendant un bout de temps, j'ai accepté de la regarder jouer, notant d'un ton mielleux chaque faux pas dans l'aventure. Oh oui, j'étais vraiment un méchant petit bonhomme.
Après une trop courte période, ce qui devait arriver arriva. En son absence, j'ai débuté ma propre partie. Elle s'est présentée dans le salon, j'ai refusé de lui rendre la manette. C'était la fin d'une sournoise armistice pour céder la place à une terrible guerre silencieuse.
Le lendemain, en arrivant dans le salon pour l'heure de jeu, je remarque que la cartouche de jeu n'y est plus. J'ai décoché un regard assassin à ma grande sœur.
"Heille, elle est où la cassette de Super Mario Herrpéjé?"
"Je l'ai cachée."
Je ne l'ai pas trouvée. La chicane a atteint un niveau difficile à imaginer, les pages sur ce sujet sont d'ailleurs absentes dans mon journal. Je crois qu'elle en parle dans le sien; il me faudra lui demander si elle l'a encore.
Toujours est-il que j'ai fini par m'excuser. Dans sa grande miséricorde, ma grande sœur a récupéré le précieux objet dans son placard (j'avais pourtant regardé), nous avons convenu de continuer l'aventure ensemble. Après tout, la quintessence du divertissement qu'offre Super Mario RPG a fini par nous plonger dans la même transe délirante. Nous avions nos personnages préférés, nos musiques préférées, nos lieux bien à nous, le tout dans l'univers vaste et savamment scénarisé de cette pièce d'anthologie.
Je crois que nous sommes devenus un peu débiles, mais unis, ce qu'un jeu saccadé et violent n'aurait sans doute jamais accompli.
L'équilibre s'est rétabli dans le clan familial, du moins jusqu'à l'arrivée du Nintendo 64.
Quel est le meilleur jeu de rôle? Quel RPG vous a personnellement marqué?
14.5.14
1134. TDG: Quel est le studio de jeux vidéo par excellence?
Mes études au CÉGEP et l'âge d'or des jeux Flash ont malheureusement coexisté.
L'aspect pervers de ces courts jeux est leur présence à même le navigateur, dans mon cas dédié à recueillir des données ou à acquérir une bibliographie. Un misérable clic vers l'onglet tentateur me plongeait alors dans un marasme infernal de procrastination. Mais bon, j'imagine que je n'apprends rien aux plus chastes gamers d'entre vous.
À l'époque, le confluent de la détente coupable s'épanchait sur le portail Newgrounds, portail de courts métrages et de jeux parfois rigolos, parfois macabres. J'ai passé des heures à éplucher les créations des nombreux collaborateurs de Newgrounds. Un jour, j'ai trouvé la perle rare qui a livré toute une secousse à mon parcours scolaire.
J'avais découvert Dad n' Me.
En dépit de la violence démesurée au premier plan, la rigueur de la direction artistique et la richesse des animations m'ont conquis. L'artiste derrière le jeu, Dan Paladin, s'était acoquiné avec le directeur de Newgrounds pour créer un jeu satirique mettant en vedette un enfant dur à cuire aux prises avec ses camarades dans la candeur d'un terrain de jeu.
L'exécution, les effets sonores et la décapante musique m'ont traversé comme la foudre. Ce soir là, j'ai repoussé mes devoirs malodorants et j'ai tenté de faire une première animation Flash à l'image de celles réalisées par Dan Paladin. À ma grande surprise, l'artiste met régulièrement en ligne ses procédés de création pour aider les éberlués comme moi à débuter.
J'ai suivi Dan Paladin et son camarade Tom Fulp à partir de ce jour. Ensemble, ils ont fondé The Behemoth, s'étant lancé le défi colossal de porter sur console des jeux Flash naguère répudiés par les géants de l'industrie. Contre toute attente, le duo développera Alien Hominid sur PS2, complètement conçu en langage Flash avec le style riche de Dan Paladin. Plus tard, The Behemoth brillera suite au succès de Castle Crashers, et viennent tout juste (aujourd'hui même!) de mettre sur le marché Battleblock Theater, déjà encensé par la critique.
Bon, j'admets que mes tentatives d'animations Flash n'ont jamais été à la hauteur des réalisations de Dan Paladin. Quoi qu'il en soit, la progression de l'équipe à l'origine de Dad n' Me fut suffisante pour me donner l'ambition de finir mon énième rapport de laboratoire et de développer le goût de la réussite.
Quant à vous, quel studio est l'exemple probant de l'excellence? Pour quelle entreprise de jeux vidéo voudriez-vous travailler?
L'aspect pervers de ces courts jeux est leur présence à même le navigateur, dans mon cas dédié à recueillir des données ou à acquérir une bibliographie. Un misérable clic vers l'onglet tentateur me plongeait alors dans un marasme infernal de procrastination. Mais bon, j'imagine que je n'apprends rien aux plus chastes gamers d'entre vous.
À l'époque, le confluent de la détente coupable s'épanchait sur le portail Newgrounds, portail de courts métrages et de jeux parfois rigolos, parfois macabres. J'ai passé des heures à éplucher les créations des nombreux collaborateurs de Newgrounds. Un jour, j'ai trouvé la perle rare qui a livré toute une secousse à mon parcours scolaire.
J'avais découvert Dad n' Me.
En dépit de la violence démesurée au premier plan, la rigueur de la direction artistique et la richesse des animations m'ont conquis. L'artiste derrière le jeu, Dan Paladin, s'était acoquiné avec le directeur de Newgrounds pour créer un jeu satirique mettant en vedette un enfant dur à cuire aux prises avec ses camarades dans la candeur d'un terrain de jeu.
L'exécution, les effets sonores et la décapante musique m'ont traversé comme la foudre. Ce soir là, j'ai repoussé mes devoirs malodorants et j'ai tenté de faire une première animation Flash à l'image de celles réalisées par Dan Paladin. À ma grande surprise, l'artiste met régulièrement en ligne ses procédés de création pour aider les éberlués comme moi à débuter.
J'ai suivi Dan Paladin et son camarade Tom Fulp à partir de ce jour. Ensemble, ils ont fondé The Behemoth, s'étant lancé le défi colossal de porter sur console des jeux Flash naguère répudiés par les géants de l'industrie. Contre toute attente, le duo développera Alien Hominid sur PS2, complètement conçu en langage Flash avec le style riche de Dan Paladin. Plus tard, The Behemoth brillera suite au succès de Castle Crashers, et viennent tout juste (aujourd'hui même!) de mettre sur le marché Battleblock Theater, déjà encensé par la critique.
Bon, j'admets que mes tentatives d'animations Flash n'ont jamais été à la hauteur des réalisations de Dan Paladin. Quoi qu'il en soit, la progression de l'équipe à l'origine de Dad n' Me fut suffisante pour me donner l'ambition de finir mon énième rapport de laboratoire et de développer le goût de la réussite.
Quant à vous, quel studio est l'exemple probant de l'excellence? Pour quelle entreprise de jeux vidéo voudriez-vous travailler?
7.5.14
1135. TDG: Quel jeu vidéo contient les meilleures blagues?
Parmi les objets de mon inventaire, j'ai un peu d'argent.
La scène représente la cour extérieure d'un manoir avec au premier plan, un puits. À court d'indices, je sélectionne mon gain et je l'envoie dans le puits, comme lorsqu'on lance une pièce dans une fontaine pour formuler un souhait.
La voix lassée de mon personnage se fait entendre.
"J'aimerais que ce jeu soit terminé".

Bon, j'étais habitué à l'humour caustique du duo Sam et Max depuis le début de l'aventure. Cette petite boutade hors du quatrième mur m'a fait sourire, mais lorsque l'écran a fondu au noir et que les crédits sont apparus, j'ai franchement ri dans la pièce consacrée au travail de bureau. Nous sommes en 1997, j'ai dix ans.
J'ai toujours adoré le duo Sam & Max créé par Steve Purcell. L'allure enfantine de leur première aventure parue en 1993, Hit the Road, cache un monde narratif tissé d'humour noir parfaitement torréfié. À l'époque, la collection de jeux offerte par LucasArts incluait la voix des personnages tout au long des histoires, en français s'il vous plaît. Non seulement ces voix sonnaient bien, mais la traduction parvenait à récupérer les notes subtiles de gags déphasés qui se glissèrent dans mon développement cognitif.
Je vous assure que dès la première scène du jeu, une blague n'attend pas l'autre. J'ai réinstallé le jeu sur mon téléphone portable et j'en appréciais encore chaque réplique jusqu'à ce que j'apprenne le retour de la franchise par la compagnie Telltale, en 3D cette fois.
Croyez-le ou non, après quatorze ans, l'humour est toujours au rendez-vous. Bon, les énigmes manquent de complexité et la nouvelle mouture n'est pas bien longue à compléter, mais il y a certaines choses qui ne changent pas. Les voix traduites en français sont exactement les mêmes et les répliques au deuxième niveau sont tout aussi décapantes. J'ai ri à nouveau, cette fois dans les murs de mon appartement.
Vous avez vécu de bons moments d'humour devant un jeu vidéo? Quels sont-ils?
La scène représente la cour extérieure d'un manoir avec au premier plan, un puits. À court d'indices, je sélectionne mon gain et je l'envoie dans le puits, comme lorsqu'on lance une pièce dans une fontaine pour formuler un souhait.
La voix lassée de mon personnage se fait entendre.
"J'aimerais que ce jeu soit terminé".
Bon, j'étais habitué à l'humour caustique du duo Sam et Max depuis le début de l'aventure. Cette petite boutade hors du quatrième mur m'a fait sourire, mais lorsque l'écran a fondu au noir et que les crédits sont apparus, j'ai franchement ri dans la pièce consacrée au travail de bureau. Nous sommes en 1997, j'ai dix ans.
J'ai toujours adoré le duo Sam & Max créé par Steve Purcell. L'allure enfantine de leur première aventure parue en 1993, Hit the Road, cache un monde narratif tissé d'humour noir parfaitement torréfié. À l'époque, la collection de jeux offerte par LucasArts incluait la voix des personnages tout au long des histoires, en français s'il vous plaît. Non seulement ces voix sonnaient bien, mais la traduction parvenait à récupérer les notes subtiles de gags déphasés qui se glissèrent dans mon développement cognitif.
Je vous assure que dès la première scène du jeu, une blague n'attend pas l'autre. J'ai réinstallé le jeu sur mon téléphone portable et j'en appréciais encore chaque réplique jusqu'à ce que j'apprenne le retour de la franchise par la compagnie Telltale, en 3D cette fois.
Croyez-le ou non, après quatorze ans, l'humour est toujours au rendez-vous. Bon, les énigmes manquent de complexité et la nouvelle mouture n'est pas bien longue à compléter, mais il y a certaines choses qui ne changent pas. Les voix traduites en français sont exactement les mêmes et les répliques au deuxième niveau sont tout aussi décapantes. J'ai ri à nouveau, cette fois dans les murs de mon appartement.
Vous avez vécu de bons moments d'humour devant un jeu vidéo? Quels sont-ils?
30.4.14
1136. TDG: Quel est le pire jeu vidéo de tous les temps?
Testeur de jeux vidéo.
Les yeux pleins d'étoiles, je me présente pour ma première journée. On me serre la main et je traverse une double porte hautement sécurisée. J'aboutis dans une pièce immense, remplie de gamers affairés devant certaines des plus grandes attentes de l'industrie.
On m'installe à un poste, je lève le pouce.
Sans m'étendre sur le désenchantement qu'un testeur doit obligatoirement subir, je considère avoir eu de la chance. Par une certaine faveur du sort, on m'a toujours parachuté sur des projets et franchises que j'aimais bien, j'étais donc disposé à faire des séances de "sauvegarder jusqu'à ce que le système n'ait plus de mémoire" sans rechigner. L'équipe de travail étant agréable et mon récent déménagement en ville m'ouvrant à une panoplie d'activités excitantes, je me suis dit avec un sourire qu'on ne pouvait rêver mieux, j'avais trouvé ma place.
Mais voilà, la vie est parfois bien mesquine.
Un bon matin, on me retire mon contrôleur de jeu et on m'envoie sur un nouveau projet.
Ce projet, c'était X-Men Destiny pour Nintendo Wii.
Je gardais à l'intérieur de moi les lignes qui vont suivre. Avec ce cri du coeur, j'espère expugner de mon être le parasite qui me ronge depuis que l'écran s'est allumé sur l'horrible menu principal.
Car oui, X-Men Destiny Wii est un cancer.
Par où commencer...
Le scénario déroutant est pauvrement narré par des personnages modélisés à la hâte. Lors des dialogues à peine audibles, les interlocuteurs apparaissent dans des carrés dignes d'un immonde jeu flash, supposant faussement que la progression dépend des choix du joueur. Détrompez-vous, elle est toujours identique peu importe le choix de votre personnage initial, qui ont tous le charisme d'une benne à ordure. Condamné à vous promener dans un cloaque d'environnements bruns, vous aurez à terrasser de multiples instances du même ennemi afin de ramasser des gerbes vertes et des icônes d'améliorations minables qui plus souvent qu'autrement tomberont dans un trou.
Huit heures par jour sur X-Men Destiny Wii relevait de la torture.
Les testeurs ont tout fait pour rehausser la qualité du jeu. La fenêtre de temps étant courte, nous avons fini par nous contenter d'une version finale qui au moins permettait une progression complète.
Si vous possédez une Wii et que vous avez un bon système immunitaire, vous pourrez sans doute trouver X-Men Destiny Wii dans les étalages en vrac pour quelques malheureux dollars.
Quelque part dans les credits, on retrouve mon nom. De grâce, ne le dites pas trop fort.
Vous avez connu des expériences de jeu comparables? Quel est le PIRE jeu de l'histoire des jeux vidéo?
Les yeux pleins d'étoiles, je me présente pour ma première journée. On me serre la main et je traverse une double porte hautement sécurisée. J'aboutis dans une pièce immense, remplie de gamers affairés devant certaines des plus grandes attentes de l'industrie.
On m'installe à un poste, je lève le pouce.
Sans m'étendre sur le désenchantement qu'un testeur doit obligatoirement subir, je considère avoir eu de la chance. Par une certaine faveur du sort, on m'a toujours parachuté sur des projets et franchises que j'aimais bien, j'étais donc disposé à faire des séances de "sauvegarder jusqu'à ce que le système n'ait plus de mémoire" sans rechigner. L'équipe de travail étant agréable et mon récent déménagement en ville m'ouvrant à une panoplie d'activités excitantes, je me suis dit avec un sourire qu'on ne pouvait rêver mieux, j'avais trouvé ma place.
Mais voilà, la vie est parfois bien mesquine.
Un bon matin, on me retire mon contrôleur de jeu et on m'envoie sur un nouveau projet.
Ce projet, c'était X-Men Destiny pour Nintendo Wii.
Je gardais à l'intérieur de moi les lignes qui vont suivre. Avec ce cri du coeur, j'espère expugner de mon être le parasite qui me ronge depuis que l'écran s'est allumé sur l'horrible menu principal.
Car oui, X-Men Destiny Wii est un cancer.
Par où commencer...
Le scénario déroutant est pauvrement narré par des personnages modélisés à la hâte. Lors des dialogues à peine audibles, les interlocuteurs apparaissent dans des carrés dignes d'un immonde jeu flash, supposant faussement que la progression dépend des choix du joueur. Détrompez-vous, elle est toujours identique peu importe le choix de votre personnage initial, qui ont tous le charisme d'une benne à ordure. Condamné à vous promener dans un cloaque d'environnements bruns, vous aurez à terrasser de multiples instances du même ennemi afin de ramasser des gerbes vertes et des icônes d'améliorations minables qui plus souvent qu'autrement tomberont dans un trou.
Huit heures par jour sur X-Men Destiny Wii relevait de la torture.
Les testeurs ont tout fait pour rehausser la qualité du jeu. La fenêtre de temps étant courte, nous avons fini par nous contenter d'une version finale qui au moins permettait une progression complète.
Si vous possédez une Wii et que vous avez un bon système immunitaire, vous pourrez sans doute trouver X-Men Destiny Wii dans les étalages en vrac pour quelques malheureux dollars.
Quelque part dans les credits, on retrouve mon nom. De grâce, ne le dites pas trop fort.
Vous avez connu des expériences de jeu comparables? Quel est le PIRE jeu de l'histoire des jeux vidéo?
23.4.14
1137. TDG: Quel jeu vidéo est le plus visuellement réussi?
"Tu vas voir, c'est beau."
Je crois que c'est la première fois que ma petite sœur me convie à essayer un jeu vidéo. Je suis surpris: c'est la prérogative du frère d'étayer ses trouvailles sur la console et développer les goûts de ses sœurs profanes. Dans mon paradigme de famille nucléaire, le jeu vidéo est un domaine tristement sexiste.
"Ben voyons donc", raillai-je. "Ton jeu fait à peine 600 Mo, il n'est même pas sur Blu-Ray. C'est quoi, un jeu flash avec un p'tit look hipster?"
Ma petite sœur soupire. Elle n'aura rien à ajouter pour gagner son argument.
À l'écran, Journey démarre.
Un immense ciel bleu. Un désert infini. Un personnage seul au milieu du paysage mort et scintillant. À l'horizon, une haute montagne. Pas besoin d'explication: je sais où aller.
Je tente un premier pas, le sable s'enfonce, crissant avec un étonnant réalisme.
La démarche artistique du jeu est tant réussie qu'elle est déconcertante. Visuellement, ce jeu qui me semblait minable est tellement époustouflant qu'il m'a atteint au niveau émotionnel. Lors de la scène qui suit, j'étais tellement ému que mes yeux se sont embués, ce qui n'est pas peu dire venant d'un efflanqué cynique qui rit lorsqu'il se blesse.
J'en conviens, on n'y voit qu'un personnage glissant dans le sable. Ceci dit, pour atteindre cet endroit enluminé, il m'aura fallu parcourir péniblement des paysages grandioses, procurant un étrange sentiment de solitude. L'expérience minimaliste de Journey était superbement intérieure et transcendait tout ce que j'avais connu du déterminisme des jeux vidéo. Par sa facture artistique, la quête a provoqué un silence religieux dans le salon. Si quelqu'un entrait, l'un d'entre nous chuchotait "Chut! Viens voir." L'intéressé s'asseyait, saisissait l'ampleur du moment, puis restait jusqu'à la fin de l'aventure.
En complétant le jeu, somme toute illustré avec des "shaders" simples et un engin physique judicieusement programmé, j'ai doucement déposé le contrôleur et jeté un coup d'oeil respectueux à ma petite sœur.
Au cours de la même semaine, j'ai assisté docilement à sa progression dans Lego Star Wars, sans me faire valoir et en appréciant son obstination à ramasser les moindres petites pièces. Les valeurs de la famille ont changé, que voulez-vous.
Quelles sont les vôtres? Quel jeu vidéo est d'après vous le plus réussi visuellement?
Je crois que c'est la première fois que ma petite sœur me convie à essayer un jeu vidéo. Je suis surpris: c'est la prérogative du frère d'étayer ses trouvailles sur la console et développer les goûts de ses sœurs profanes. Dans mon paradigme de famille nucléaire, le jeu vidéo est un domaine tristement sexiste.
"Ben voyons donc", raillai-je. "Ton jeu fait à peine 600 Mo, il n'est même pas sur Blu-Ray. C'est quoi, un jeu flash avec un p'tit look hipster?"
Ma petite sœur soupire. Elle n'aura rien à ajouter pour gagner son argument.
À l'écran, Journey démarre.
Un immense ciel bleu. Un désert infini. Un personnage seul au milieu du paysage mort et scintillant. À l'horizon, une haute montagne. Pas besoin d'explication: je sais où aller.
Je tente un premier pas, le sable s'enfonce, crissant avec un étonnant réalisme.
La démarche artistique du jeu est tant réussie qu'elle est déconcertante. Visuellement, ce jeu qui me semblait minable est tellement époustouflant qu'il m'a atteint au niveau émotionnel. Lors de la scène qui suit, j'étais tellement ému que mes yeux se sont embués, ce qui n'est pas peu dire venant d'un efflanqué cynique qui rit lorsqu'il se blesse.
J'en conviens, on n'y voit qu'un personnage glissant dans le sable. Ceci dit, pour atteindre cet endroit enluminé, il m'aura fallu parcourir péniblement des paysages grandioses, procurant un étrange sentiment de solitude. L'expérience minimaliste de Journey était superbement intérieure et transcendait tout ce que j'avais connu du déterminisme des jeux vidéo. Par sa facture artistique, la quête a provoqué un silence religieux dans le salon. Si quelqu'un entrait, l'un d'entre nous chuchotait "Chut! Viens voir." L'intéressé s'asseyait, saisissait l'ampleur du moment, puis restait jusqu'à la fin de l'aventure.
En complétant le jeu, somme toute illustré avec des "shaders" simples et un engin physique judicieusement programmé, j'ai doucement déposé le contrôleur et jeté un coup d'oeil respectueux à ma petite sœur.
Au cours de la même semaine, j'ai assisté docilement à sa progression dans Lego Star Wars, sans me faire valoir et en appréciant son obstination à ramasser les moindres petites pièces. Les valeurs de la famille ont changé, que voulez-vous.
Quelles sont les vôtres? Quel jeu vidéo est d'après vous le plus réussi visuellement?
16.4.14
1138. TDG: Quel est votre personnage de jeu vidéo préféré?
J'ai fait mon grand ménage du printemps, en dépit de la météo qui s'obstine à être exécrable en ce 16 avril.
Chose rare, j'ai entrepris de faire le tri de ma bibliothèque et de ranger de vieux documents. Une pile destinée au recyclage s'érige tranquillement. Sous de vieux livres scolaires rangés à l'horizontale, j'aperçois des cartons de construction et des feuillets racornis.
Assis en tailleur, je plisse les yeux et m'intéresse à ces dessins qui remontent à 1994. Un paysage sans perspective sépare un panneau "entrée" de son antonyme. À travers les arbres crayonnés avec application, des barils et des bananes flottent dans les airs.
Je me suis revu tout jeune, appliqué à inventer ces niveaux sur le pupitre dégagé d'une récréation intérieure. J'attendais impatiemment le retour à la maison pour reprendre l'aventure. Ma mère ne permettant qu'une heure de jeu par jour, je devais souvent me résigner à continuer l'histoire dans les autres sphères de ma vie.
Ne vous méprenez pas: j'y prenais tout un plaisir.
Les sacs de couchage ficelés devenaient des barils redoutables que je projetais dans la maison sur des ennemis imaginaires. J'assumais mon rôle jusqu'aux cris de singe et aux mimiques.
Je crois bien avoir demandé à ma sœur de se coiffer avec une queue de cheval pour vérifier si elle pouvait planer en faisant la vrille. À l'épicerie, je lorgnais les régimes de bananes comme des trésors.
Donkey Kong, c'était toute ma vie.
En regardant les vieux dessins, je soupire en quantifiant la période de ma jeunesse consacrée à me comporter comme un singe. Avisant mon placard, je ne peux réprimer un sourire en avisant un sac de couchage dûment roulé.
Délicatement, je replace les feuilles dans la bibliothèque et j'envoie au recyclage des devoirs de maths.
En 2014, les personnages originaux apparaissent partout autour des icônes établies. En attendant d'aller acheter Donkey Kong Country: Tropical Freeze, avez-vous mieux comme héros à proposer?
Quel est votre personnage de jeu vidéo préféré?
Chose rare, j'ai entrepris de faire le tri de ma bibliothèque et de ranger de vieux documents. Une pile destinée au recyclage s'érige tranquillement. Sous de vieux livres scolaires rangés à l'horizontale, j'aperçois des cartons de construction et des feuillets racornis.
Assis en tailleur, je plisse les yeux et m'intéresse à ces dessins qui remontent à 1994. Un paysage sans perspective sépare un panneau "entrée" de son antonyme. À travers les arbres crayonnés avec application, des barils et des bananes flottent dans les airs.
Je me suis revu tout jeune, appliqué à inventer ces niveaux sur le pupitre dégagé d'une récréation intérieure. J'attendais impatiemment le retour à la maison pour reprendre l'aventure. Ma mère ne permettant qu'une heure de jeu par jour, je devais souvent me résigner à continuer l'histoire dans les autres sphères de ma vie.
Ne vous méprenez pas: j'y prenais tout un plaisir.
Les sacs de couchage ficelés devenaient des barils redoutables que je projetais dans la maison sur des ennemis imaginaires. J'assumais mon rôle jusqu'aux cris de singe et aux mimiques.
Je crois bien avoir demandé à ma sœur de se coiffer avec une queue de cheval pour vérifier si elle pouvait planer en faisant la vrille. À l'épicerie, je lorgnais les régimes de bananes comme des trésors.
Donkey Kong, c'était toute ma vie.
En regardant les vieux dessins, je soupire en quantifiant la période de ma jeunesse consacrée à me comporter comme un singe. Avisant mon placard, je ne peux réprimer un sourire en avisant un sac de couchage dûment roulé.
Délicatement, je replace les feuilles dans la bibliothèque et j'envoie au recyclage des devoirs de maths.
En 2014, les personnages originaux apparaissent partout autour des icônes établies. En attendant d'aller acheter Donkey Kong Country: Tropical Freeze, avez-vous mieux comme héros à proposer?
Quel est votre personnage de jeu vidéo préféré?
9.4.14
1139. TDG: Quel est le jeu vidéo le plus difficile de tous les temps?
Tenace.
Il est tenace, ce colocataire.
L'horloge à cristaux liquides indique trois heures du matin. Dans la pièce, seule la lueur bleutée de l'écran définit nos corps affalés sur le divan.
Mes yeux vitreux n'en peuvent plus. Mi-endormi, mi-hypnotisé, je le regarde essayer encore.
Mon colocataire joue à Joe Danger sur la PS3 devenue brûlante. Il tente toujours le même niveau. C'est la quatre cent douzième fois qu'il échoue.
Joe Danger, c'est l'épopée d'un trompe-la-mort sur une moto qui doit conduire d'un point A à un point B. Il doit s'y rendre en respectant un décompte haletant, en accumulant des pièces d'or et en touchant des cibles dissimulées avec machiavélisme dans un parcours ou chaque fausse manœuvre est mortelle. L'ensemble se déroule sur une musique perfidement joyeuse.
Nous n'avons pas échangé un mot tout au long du parcours. Parfois, un borborygme discret marquait une petite réussite, mais inlassablement le personnage terminait sa course défiguré par une cascade ratée, dévoré par des requins ou empalé sur une série de pics sournois.
J'ignore pourquoi j'observe encore. Mon lit m'attend, et avec lui un monde fascinant de rêves qui me sortirait de ce taylorisme beaucoup plus abrutissant que ludique.
Mais je reste.
Je reste car au plus profond de moi, j'espère voir la séquence complète, le parcours réussi, l'idylle impossible.
Assister à la réussite du petit Joe Danger sur sa bécane, ce serait l'épiphanie complète. Nous marmonnerions un "yééé..." senti et nous pourrions dormir au sommeil du juste, ayant enfin assisté à la défaite de la machine sur l'homme.
Car c'est tout l'intérêt de vaincre un jeu difficile: Montrer à cette damnée console que c'est encore nous qui menons.
Je crève d'envie de connaître les expériences qui vous ont fait le plus souffrir.
Quel est le jeu vidéo le plus difficile selon vous?
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